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Une nouvelle version de
Nutri-Site,
beaucoup plus riche est en ligne a cette adresse :
www.nutri-site.com/
Ce dossier basculera prochainement sur
ce site. |
Nutri-site
: Quel à été ton parcours ?
Catherine Schmitt : Au départ j’étais secrétaire
de direction, mais je me suis toujours intéressée au « bien
manger » parce que je faisais de la course à pied. J’étais
national 1 en semi-marathon et marathon, ce qui n’a rien
d’exceptionnel en soit mais demande une grosse hygiène de vie
et un poids de forme au top. Puis j’ai dû arrêter la compétition
à la suite de blessures à répétition mais je continue à
pratiquer de façon régulière footing, ski de fond, ou
autre…en fonction de la saison !
Je me suis donc lancée dans les études de diététique,
d’abord par intérêt « sportif », mais aussi parce
que c’est un métier où ont est utile pour les gens pour
quelque chose qui les concerne au quotidien et qui participe
largement à leur état de bien-être physique…et moral. J’ai
donc fait un BTS puis une spécialisation (D.U.) en nutrition du
sport. Je m’éclate vraiment dans mon travail. Transmettre mes
connaissances et mes convictions sur les fondements du « bien
manger » et contribuer à améliorer l’état de santé des
gens, c’est un beau métier ! Aider des athlètes à
profiter pleinement de leur potentiel, voir améliorer leurs
performances… c’est la cerise sur le gâteau !
Nutri-site : En quoi consiste ton travail exactement ?
Catherine Schmitt :
Aujourd’hui avec 12 ans de pratique derrière moi j’ai un peu
plus de recul sur cette profession. Je dois dire qu’être diététicien
c’est être aussi un peu psychologue en même temps. Il y a
tellement de liens entre notre façon de manger et notre affectif !
Je regrette d’ailleurs que dans le cursus que j’ai suivi cet
aspect là ne soit pas du tout abordé. Heureusement il y a des séminaires
très intéressants qui permettent de s’enrichir dans ce domaine
et puis j’ai toujours eu de bons contacts avec les gens, une
bonne écoute. C’est aussi cette relation particulière qui me
plait dans ce travail : une consultation diététique c’est
parfois 70% basé sur l’aspect psychologique de la personne que
l’on a en face de soi et 30% sur l’information au sens strict
du terme.
L’affectif est très présent dans la nourriture c’est un lien
qui se créé dés les premiers temps de la vie et qui se renforce
avec les vicissitudes de la vie et de l’éducation parentale. Il
faut souvent apprendre aux gens à faire le tri entre leurs
besoins nutritionnels et leurs pulsions alimentaires.
Nutri-site : Quelle est ta méthode ?
Catherine Schmitt : Dire que j’ai une méthode est
un peu présomptueux mais je tiens compte de 3 pôles pour me
faire une idée sur le travail à réaliser avec la personne qui
vient me voir :
- Ses besoins nutritionnels
- L’aspect social de l’alimentation dans sa vie
(par exemple certains ont pas mal de repas au resto pour le
boulot).
- L’aspect psychologique : gérer les crises, ou la charge
affectif qui a été mise sur le fait de manger.
Je suis persuadée que si l’on ne tient pas compte des 2
derniers aspects, il n’est pas possible d’établir un bon
travail à long terme. Pour les même raisons je pars toujours de
ce que la personne fait, je lui explique ce qui est bien,
et ce qu’il faut améliorer pourquoi et comment. Même
s’il y a beaucoup de choses à changer, c’est beaucoup plus réaliste et
moins décourageant pour la personne !
Nutri-site : Existe il une nuance entre nutrition et diététique?
Catherine Schmitt : A mon avis il n’y a pas plus de
différence qu’entre les termes « se nourrir » et
« s’alimenter », en tous cas dans le langage courant !
Quand à la guerre des termes d’un point de vue professionnel,
je ne m’y intéresse pas beaucoup… La seule chose qui me gêne,
et qui parfois fait vraiment du tort à la profession, ce sont les
personnes qui se donnent le titre de « nutritionniste »
sans en avoir une réelle formation. C’est incroyable ce qu’il
y a comme personnes persuadées qu’elles « savent »
dans ce domaine ! Or il faut vraiment de grosses notions de
biochimie de physio et de physiopathologie pour pouvoir prendre
des gens en charge de façon efficace… Moi je ne me permets pas
de masser mes patients ou de leurs faire des plans d’entraînement…
Nutri-site :
La diététique que
l’on peut lire dans les magazines diffère t’elle de ce que
l’on apprend en consultation ?
Catherine Schmitt : En diététique
j’explique et j’insiste beaucoup sur les bases qui régissent
l’alimentation, ensuite il y a une nécessaire individualisation
qui est permanente et évolutive au fur et à mesure que je
progresse dans le travail avec
mon patient, c’est du sur mesure contrairement au magazine qui
reste sur des règles générales par la force des choses . Et
puis pendant longtemps les articles étaient trop axés sur tel ou
tel complémentation. Je suis cependant satisfaite du changement
qui s’observe dans les écrits à ce sujet. En effet on revient
aux sources avec des notions simples mais réalistes sur la façon
d’aborder l’alimentation. Personnellement cela fait longtemps
que je me bats pour faire respecter les bases alimentaire AVANT de
parler de complémentation, même pour un sportif de haut-niveau.
Pendant un moment je me sentais pas mal décalée par rapport à
ce qui se disait mais je constate qu’on revient à cette notion
d’équilibre, et çà me rassure.
Cependant il reste du boulot car le monde du sport est bercé de
nombreuses idées reçues sur le plan alimentaire ; des idées
fausses côtoient des tromperies ou des maladresses qu’il est
difficile de faire évoluer, l’inertie est parfois pesante.
Nutri-site
: Que retiens tu de ton expérience de 4 ans auprès des skieurs de fond de haut niveau ?
Catherine Schmitt : C’était très enrichissant sur
le plan professionnel mais éprouvant aussi sur le plan nerveux.
Il faut du temps et une certaine constance pour « détruire »
les clichés et idées reçus.
Il faut aussi se montrer convaincante et « tenir le coup »,
même discours face à des athlètes toujours en quête du petit
coup de pouce miracle ou de la recette magique qui peut les faire
avancer plus vite, naturellement je m’entends ! Ils sont déçus
parfois quand on leur annonce qu’on ne va pas leur donner un régime
miracle mais améliorer le leur pour qu’il gagne en forme, en récupération…
et donc en performance…Mais cela avait fini par bien se mettre
en place et surtout la collaboration avec la médecin du moment était
super, ce qui nous avait permis d’aller plus loin et donc de
mettre en place un plan de complémentation phyto et oligo en
parallèle du plan d’entraînement et des précisions de stage
que nous donnaient les entraîneurs, une fois l’alimentation
bien établie…bien sûr. On avait pu ainsi par exemple prévenir
les chutes de réserve en fer que l’on constatait
immanquablement à l’automne chez beaucoup d’athlètes.
Nutri-site
: Que leur prodigues tu comme conseil ?
Catherine Schmitt : La base
c’est l’équilibre alimentaire et le respect de règles
simples, valables pour tous. Faire passer le message à des athlètes
soucieux de la performance, c’est un travail de fond. Mais à
mon avis, et si l’on veut présenter la diététique comme une
alternative au dopage, c’est déjà dans la démarche qu’il
faut être cohérent. Beaucoup croient faire bien, mais il y a
souvent des déséquilibres très simples qui, quand on les
corrige leur permettent de ressentir une meilleure capacité à récupérer
par exemple, ou une meilleure capacité d’endurance. Bien avant
de complémenter en ci ou ça.
Nutri-site :
Prendre des compléments alimentaires de façon hasardeuse peut
t’on considérer cela comme une attitude dopante ?
Catherine Schmitt : Pour ma part je trouve cela très
litigieux !… Mais avant cela c’est surtout prendre un
risque pour sa performance, voir pour sa santé. Par exemple, les
vitamines, minéraux et autres ont des rôles bien spécifiques
dans l’organisme et à des doses bien précises : amener
trop de l’un peut perturber l’assimilation d’un autre, et
c’est comme ça qu’on voit des athlètes perclus de crampes
parce qu’ils ont fait une super cure de magnésium... C’est
certain qu’un athlète de haut-niveau n’a pas les mêmes
besoins que « monsieur tout le monde », mais si son
alimentation est variée, de qualité et quantitativement
suffisante, et qu’il s’efforce d’utiliser de simples ajouts
comme la levure de bière et le germe de blé, on arrive déjà à
une ration suffisante dans beaucoup de situations. Les compléments
viendront soit pour une carence spécifique vu sur un bilan
biologique, puis en prévention de ces carences, soit pour des
situations dont on connaît la particularité nutritionnelle
(stage en altitude , prépa de compétition, décrassage, période
de stress, etc…)
Nutri-site :
Est ce incontournable d’avoir eu un passé de sportif pour
exercer au sein d’une fédération sportive ?
Catherine Schmitt : C’est en tout cas plus facile
pour tomber les masques. Le discours est mieux perçu voir plus crédible
quand le diététicien connaît, ou a vécu les exigences auxquels
ils sont confrontés, c’est indéniable.
Nutri-site :
C’est facile de parler « bouffe » avec les
sportifs ?
Catherine Schmitt : C’est difficile au début,
surtout quand on travaille pour une structure comme une fédé ou
un club car tous les sportifs qu’on doit prendre en charge ne
sont pas partants. Certains n’en ont rien à faire ou ils ne réalisent
pas l’importance que cela peut avoir sur leur sport ou bien ils
sont persuadés que ce qu’ils font c’est bien et qu’il n’y
a pas de raisons de changer ce qui marche, à priori. Mais
finalement c’est aussi ça le challenge de mon métier. Et puis
les mentalités évoluent à ce niveau aussi. Ils sont demandeurs
d’informations, le sport se professionnalise de plus en plus,
ils deviennent très pro dans leur démarches et l’alimentation
n’échappe pas à
la règle. D
’ailleurs on a de plus en plus de sportifs qui se prennent en
main de façon individuelle et viennent consulter au cabinet.
Nutri-site :
Que penses tu des compléments
et autres produits énergétiques qui envahissent les salles de
sports ?
Catherine Schmitt : Encore
une fois je pense que la majorité de ces gens auraient plus à
gagner à vérifier déjà la qualité de ce qu’ils mangent
quotidiennement. Bien
sur il n’est pas toujours facile de réunir tous les
micronutriments dans la journée notamment pour certains minéraux
et oligos. Mais, sur la semaine, c’est suffisant et il n’y a
pas d’urgence à moins de suivre un régime stricte ou d’être
sévèrement carencé.
Nutri-site : Les résultats d’une consultation diététique se font il concrètement ressentir?
Catherine Schmitt : Oui les athlètes
sont parfois sidérés de constater qu’un petit changement dans
leur quotidien nutritionnel leur apporte réellement plus de bien
être : Mieux dormir par exemple, parce qu’on a réparti sa
ration différemment sur la journée, c’est déjà drôlement
important pour être en forme, non ?
Nutri-site :
Les sportifs adoptent les boissons énergétiques et beaucoup de
travaux scientifiques s’accordent pour dire qu’elles sont
devenus importantes à la pratique du sportif, que penses tu de
cette pratique ?
Catherine Schmitt : Elles sont un plus si déjà elles
peuvent permettre aux sportifs de boire d’avantage à l’effort !
Ce qui n’est pas encore réellement acquis pour une grande
majorité de pratiquant a tous les niveaux. Ce n’est quand même
pas difficile de prendre avec soi un porte gourde pour un simple
footing. Les boissons énergétiques ne sont pas à mon avis
indispensables en dessous de deux heures d’entraînement. Mais
s’hydrater c’est à chaque séance qui dépasse 1/2h, et
c’est une ou deux gorgées tous les ¼ d’heure ! Eau, ou
éventuellement eau + fructose sont largement suffisants. C’est
plus au moment de la récupération qu’il faut amener ce qu’il
faut en nutriments et micronutriments.
Tu
n’as jamais conseillé ne serait ce qu’un produit ?
Catherine Schmitt : Si bien sûr !
Par exemple je conseille aux sportifs de consommer une boisson de
récupération 45 mn à 1heure après une séance longue ou
intense de façon à combler les pertes minérales, de refaire les
stocks de glycogène dans cette phase favorable
et d’apporter des acides aminés branchés importants
pour la reconstruction musculaire. Pour les épreuves longues, ou
en altitude, je conseille aussi les acides aminés branchés en préparation,
pendant, et après…On a vraiment de super résultats.
Pour ma part je conseille la plupart du temps les produits LEPPIN
et AUTHENTIC NUTRITION, distribués par T en Forme à Chambéry.
Ils sont performants, toujours de bonne digestibilité, innovants
et aussi étroitement contrôlés ce qui évite les mauvaises
surprises. En particulier les polymères de glucose FRN mis au
point par Tim Noakes sont vraiment un plus tant au niveau des
boissons de préparation, de compétition, ou de récupération.
D’autre part, pour des complémentations plus spécifiques en
particulier au niveau des neuromédiateurs, je conseille les
produits PILEJE qui ont aussi une approche qualité rigoureuse.
Bref, Il y a de nombreuses complémentations qui peuvent être
conseillées en fonction des besoins de chacun, mais encore une
fois ce sont des COMPLEMENTS…pas des béquilles !
Nutri-site :
Les sportifs ou sportives ont ils les mêmes attentes face à
l’alimentation ?
Catherine Schmitt : Les sportives sont logiquement
plus sensibles à cet aspect là en raison de l’aspect poids de
forme.
Et puis à un
certain âge, disons pour les juniors filles, les réglages
hormonaux ne sont pas complètement faits, ce qui influe
sensiblement sur les variations pondérales. Face à cela la première
chose à faire est de dédramatiser ; expliquer à l’athlète
ce qui se passe et donner les bonnes bases. A cet âge là on est
très influençable, il faut se méfier et être très attentif.
Nutri-site :
Quels sont les autres « crises » qu’il faille gérer
à cette âge là ?
Catherine Schmitt : Les problèmes d’anorexie qui
sont très fréquents dans le milieu sportif et pas seulement chez
le filles. On pense toujours à la gym ou à la danse, mais
d’autres sports comme le saut à ski connaissent régulièrement
des problèmes de cet ordre. Cela peut provoquer rapidement
d’importants déficits nutritionnels qui entrave les perf
sportives et, ce qui est beaucoup plus grave, met leur santé en
danger, voir leur vie à un certain stade, d’autant que les
moyens utilisés parfois pour ne pas manger sont eux aussi
« toxiques ». Chez les filles, l’absence des
menstruations est un signe important. En dessous d’un certain
pourcentage de masse grasse, l’organisme bloque le cycle car il
considère que la jeune femme n’a pas assez de réserves pour
pouvoir mener une grossesse à bien. Si cela dure trop, des
risques de stérilités existent. Il faut faire prendre conscience
de tous ces risques aux uns et aux autres. Il y a une vie après
le sport…
Nutri-site :
Etre diététicienne c’est donner de son temps et de l’énergie,
c’est inculquer aussi. Cette expérience fédérale t’a telle
permis de t’exprimer ?
Catherine Schmitt :
C’était évidemment une belle expérience,
avec un peu de frustration quand même. J’aime mon métier,
mais ce qui me manque parfois c’est le retour. Peu
d’athlètes te tiennent au courant de leur évolution par
rapport à ce qui a été mis en place…surtout quand ça va
bien... Mais ce n’est pas spécifique aux fondeurs !
Ce qui me gêne souvent le plus, c’est de voir que le travail
fournit avec les athlètes paie pendant un certain temps de
collaboration, mais qu’il suffit que quelqu’un arrive de nulle
part, même sans formation mais avec un discours percutant,
vantant un soi disant produit ou un type de régime miracle et
toutes les bonnes intentions et progrès établis patiemment
s’effondrent comme un château de carte. En face, tu as beau
avoir toutes les bases physiologiques pour expliquer de façon cohérente
les choses, ils seront toujours sensibles aux beaux parleurs.
Alors là, oui, tu as un peu l’impression de perdre ton temps.
Nutri-site : Que penses-tu des consultations diététiques par Internet?
Catherine Schmitt : C’est jouable à mon avis,
surtout en complément d’un suivi traditionnel. Cela permet
d’espacer les rencontres qui parfois posent des problèmes
d’organisation. Pour ma part je donne toujours mon adresse mail
à mes patients. Ils peuvent ainsi me contacter facilement, même
pour un simple renseignement sur un aliment… ou un simple
encouragement durant un régime amaigrissant… Les athlètes qui
sont en déplacement à l’étranger et se trouvent confrontés
à traditions culinaires différentes peuvent ainsi très
vite, et à moindre frais, obtenir des renseignements. Bref
c’est en tous cas un plus.
Nutri-site :
Que fais tu
aujourd’hui ?
Catherine Schmitt : Pendant quelques temps j’ai
travaillé dans le milieu hospitalier. En fait j’étais un peu
saturée de ce travail dans le milieu sportif et puis j’ai eu
envie de me sentir utile à des gens qui en avaient réellement
besoin pour leur santé, voir leur vie. Mais depuis peu j’ai pu
allier les deux en intégrant un cabinet médical en Suisse. Je
suit à la fois des sportifs de haut niveau, des enfants diabétiques,
des personnes qui doivent perdre du poids, ou des seniors avec des
problèmes de dénutrition, etc… C’est passionnant car cela
m’oblige à être performante dans tous les domaines de mes compétences
professionnelles. Je reste quand même axée plus sport :
je continue aussi à donner des conférences, des cours dans
certaines formations comme le BEE2 de ski de fond, à écrire
quelques articles et je collabore toujours avec le Centre de
nutrition du sport « T en Forme » de Chambéry… Ce
n’est pas un travail où on peut s’endormir si on veut rester
dans le coup !
Nutri-site :
Un mot pour conclure ?
Catherine Schmitt : La
nutrition est plus que jamais d’actualité car on se rend de
plus en plus compte de son importance en matière de bien-être
tant physique que moral et de son rôle préventif… De nombreuses
études montrent que
de bons choix alimentaires permettent de réduire
considérablement l’utilisation de bien des médicaments.
Qu’on se le dise !
N.T - 05-2004
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