Profession : Psychologue du sport

Une psychologue au coeur du peloton. Virginie Dalla costa est psychologue spécialisée dans le sport.
Quand ce qui est bon pour le sportif l'est aussi pour le commun des mortels, gestion du stress, vaincre ses peurs, prendre sa vie en main etc etc
Avec cet interview d'une pro de la psychologie devenez plus fort et croyez davantage en vos capacités sportives ou en vous !!

                                      




Nutri-site : Comment devient-on spécialiste de la préparation mentale sportive (motivation, cursus…) ?

Virginie DALLA COSTA : Je ne me considère pas comme spécialiste de la préparation mentale. Je me sens avant tout psychologue et ensuite « coach mental ». Le but  premier est d’aider la personne (sportif ou non) qui fait la démarche de venir, à comprendre la situation qu’elle vit. L’écoute neutre et l’empathie sont des qualités indispensables. De plus il est rare de faire seulement, et dès le premier entretien, de la préparation mentale.
La question devrait plutôt être : pourquoi je me suis spécialisée dans le sport ? Mais parce que le cordonnier est souvent le plus mal chaussé ! (SOURIRE !)
Non, en fait je me suis toujours intéressée à la nature humaine. J’étais « prédisposée » pour être « psychologue ». Puis, pratiquant le sport de compétition à un niveau national, côtoyant la grande famille du sport, j’ai vite compris l’importance du mental. De plus je trouve dommage de rater des courses, voire une carrière, de se couper du plaisir à pratiquer son sport juste pour une histoire de mental.
Mes stages de fin d’année d’études m’ont confirmé que j’avais eu raison d’aller dans ce domaine. Pourquoi ? Parce que malgré mon étiquette « psychologue », j’ai été tout de suite acceptée par les sportifs, l’entraîneur et tout le staff. Le fait de parler comme eux, de participer à leur vie, de « mouiller le maillot », de m’intéresser à eux dans leur globalité, de les accompagner dans leurs objectifs sont autant d’éléments qui ont favorisé mon intégration.

Se spécialiser en préparation mentale passe aussi par des formations (sophrologie, PNL, …). Les rencontres avec les sportifs sont aussi très constructives. Il n’y a pas une préparation mentale pour les sportifs mais une préparation mentale appliquée à chaque sportif.
Les études en psychologie sont un plus car les sportifs sont bien souvent des adolescents ou jeunes adultes. C’est un âge difficile où les changements sont nombreux. Les sportifs ont aussi, bien souvent, une sensibilité importante. Cette sensibilité peut se transformer en fragilité pour certains.


Nutri-site : Que veut dire préparation mentale et quelles sont les principales techniques de préparation mentale dont nous disposons aujourd’hui ?

Virginie DALLA COSTA : C’est difficile de répondre.
La préparation mentale consiste à amener un individu au maximum de son potentiel. Il s’agit de l’aider par des techniques (visualisation, imagerie, respiration, concentration, dialogue interne positif, ancrage, relaxation…) à dépasser ses peurs, à augmenter son niveau de confiance, à se conditionner à la réussite. La préparation mentale s’utilise à l’entraînement (travail de concentration, mise en place de routine, imagerie mentale, travail autour des croyances, de la confiance, de l’objectif …), avant la compétition ou un entretien d'embauche (aborder la compétition confiant et lucide), pendant la compétition (gestion des temps « durs » pour le sportif), après la compétition (analyse positive, visualisation de solution, travail sur les objectifs…)
La préparation mentale nécessite une bonne connaissance de l’individu et des situations.

Nutri-site : Apprend-ton à devenir plus fort dans sa tête lorsque l’on vient vous voir et pour quelles raisons les gens viennent vous consulter en règle générale ?

Virginie DALLA COSTA : Ce n’est pas à moi qu’il faut poser la question ! Je ne me permettrais jamais de dire que ce sportif est devenu champion grâce à moi ou cet entrepreneur plus compétent. Trop de facteurs influencent la performance ou le résultat.
De plus, dire que ce serait grâce à moi, c’est enlever une part de sa victoire à la personne. Or c’est lui qui a travaillé pour réussir. Moi, je l’ai simplement accompagné. Je ne suis qu’une goutte d’eau ! Est-ce une goutte d’eau qui fait un océan ?

Alors pourquoi viennent-ils ? J’avoue parfois je ne sais pas ! Ils ont besoin de parler, de se «mettre sur pause », de comprendre ce qui se passe dans leur sport et indirectement dans leur vie. Ils ont compris l’importance d’être « bien » dans leur tête. Ils ont saisi l’influence de leur histoire personnelle et familiale dans leur manière de vivre leur sport leur travail, dans leur performance ou contre- performance.
Certains viennent parce qu’un  psychologue ça pose des questions bizarres ». En fait, je ne me contente pas de l’énoncé de leur saison (par exemple), je leur demande de m’expliquer les raisons de leurs choix, les alternatives qu’ils auraient pu avoir…Les entretiens de moins de 1 heure sont rares. Parfois je leur propose des exercices à travailler chez eux.
Et puis, nous parlons de tout (sport, famille, sexualité, profession ou scolarité…).


Nutri-site : Comment se passe une première visite dans votre cabinet de consultation ?

Virginie DALLA COSTA : Pour le sportif (ou non-sportif), un peu de stress parfois. Le « psy » n’a pas forcément une bonne image.
Pour ma part, je sais que le premier échange (regard, poignée de main, premier mot…) est important. Mon objectif premier est d’accueillir la personne, c'est-à-dire de créer un climat favorisant les confidences. Je dois apprendre à connaître la personne, comprendre comment elle fonctionne.
La première visite est souvent l’occasion pour la personne de se décharger, de poser ses valises. Les silences sont rares, les larmes beaucoup moins.
Souvent, la personne vient avec une blessure psychologique, une « plaie » et beaucoup d’interrogations. Elle est dans la recherche de solutions.
Sans le savoir, elle a déjà démarré un travail sur elle au moment où elle a pris la décision de consulter.

Nutri-site : Quel est selon vous le principal ennemi du sportif de compétition ?

Virginie DALLA COSTA : Son environnement (famille, équipe…)

Nutri-site : Quel est l’origine du stress et existe-il plusieurs type de stress ?

Virginie DALLA COSTA : Le stress est souvent associé au manque de confiance en soi et en ses capacités. Ce manque de confiance peut être lié à l’inexpérience (la peur de l’inconnu), à des blessures, à des mauvaises sensations, à des contre-performances répétitives, à un discours négatif de l’environnement, à l’éducation reçue, aux « accidents de la vie » (traumatisme).

Le stress peut venir de la pression de l’environnement et de l’incapacité à s’en protéger.
Pour ma part je distingue le stress lié à la situation (stress occasionnel qui disparaît avec l’expérience mais aussi par des techniques de gestion du stress) du stress continu (ou anxiété). Là un travail psychologique s’impose.

Nutri-site : Quelles sont les différentes façons de combattre le stress ?

Virginie DALLA COSTA : Je vais vous répondre rapidement car sinon cela ferait un exposé ! Tout d’abord, le stress n’est pas négatif en soi. Nous avons besoin de stress pour avancer. C’est l’excès de stress qui peut jouer en notre défaveur. Tout est question de curseur. Un stress optimal passe par une  bonne connaissance de soi et de l’épreuve, un objectif réaliste et positif, des techniques de concentration, des routines, un travail autour de la respiration, la visualisation et parfois une meilleure communication avec son entourage.

Nutri-site : Sportive de compétition appliquez-vous les principes psychologiques que vous enseignez à vos patients ? Si oui quel est le plus récurent, votre petite recette !

Virginie DALLA COSTA : La question est une réponse au cordonnier le plus mal chaussé ?

Ma petite recette c’est penser aux gens que j’aime et qui m’aiment. Sur la ligne de départ, je les visualise quelques secondes avant le départ tout en respirant calmement. Et puis, je connais mon objectif et je sais où j’en suis par rapport à ce dernier. Je me suis entraînée pour.
Enfin, je me rappelle que la compétition sans stress ce n’est pas la compétition. Si je suis là c’est que je l’ai voulu. Alors autant se faire plaisir à fond.

Nutri-site : Selon vous, en dehors des facteurs physiques et techniques dans l’action, y a-t-il d’autres aspects que l’entraîneur ou managers doivent prendre en compte ? Si oui, quels sont-ils ?
Travaillez-vous avec des entraîneurs manageurs ? Pour quelles missions?


Virginie DALLA COSTA : L’entraîneur ou le manager doit prendre en compte la psychologie des sportifs, des salariés avec qui il travaille. Il se doit d’être « psychologue » , ou en tout cas pédagogue dans ses relations avec eux.
Pour ma part, je travaille souvent avec les entraîneurs. C’est un travail d’équipe, une collaboration, un échange d’idées. Par contre, je ne dis pas tout à l’entraîneur sur le sportif suivi par exemple. Je n’ai pas à raconter la vie du sportif, ni ses rêves, ni ses peurs…
Mon rôle est d’aider l’entraîneur à mieux comprendre le sportif ou l’équipe. Je l’aide aussi à évoluer dans sa manière de communiquer avec les personnes.
Dans ma relation avec l’entraîneur,  je suis plutôt directe. Ainsi, si je ne comprends pas une attitude de l’entraîneur par rapport à l’équipe ou un individu, j’en parle avec lui. Par exemple, un entraîneur d’un sport collectif avait interdit à ses joueuses d’avoir un petit copain. L’une d’elle avait donc quitté son « amoureux ». Mais pourquoi cet interdit ?

Nutri-site : Les sportifs ont-ils d’avantage besoin de soutien psychologique que la moyenne des personne issuent du monde du travail?

Virginie DALLA COSTA : Non. Les sportifs sont des gens comme tout le monde, c'est-à-dire qu’ils peuvent vivre des situations difficiles, traumatisantes comme Monsieur et Madame tout le monde. Par exemple, perdre un proche, vivre une rupture sentimentale touchent autant le sportif que les autres personnes.
Le seul problème c’est qu’à haut niveau, un grain de sable dans un rouage se voit tout de suite. La différence se fait sur des détails. Le sportif de haut niveau ne peut plus compenser par son physique hors norme. Par contre, ils ont des ressources et une volonté de réussir qui jouent en leur faveur. Lorsqu’ils se prennent en main et décident de régler « leur problème », ils progressent très vite.

Nutri-site : Quelles sont les principales demandes auxquelles vous êtes confrontée ?

 
Virginie DALLA COSTA : Le manque de confiance est un thème récurrent. Le stress n’est qu’un symptôme, ce n’est donc pas la vraie demande.

Nutri-site : La préparation mentale ou le recours à un préparateur sont-ils le passage obligé qui mène à la performance ?
Virginie DALLA COSTA : La préparation mentale ? Oui et tous l'ont fait sans forcément le savoir.
Un préparateur mental ? Non. Certains intuitivement appliquent des techniques de préparation mentale. De plus, si leur entraîneur s’intéresse à la psychologie et se montre pédagogue avec eux, cela peut amplement suffire.
Lorsqu’un sportif gagne, cela ne sert à rien de vouloir changer quelque chose.

Nutri-site : La méthode Coué qui fait appel au martelage positif est-elle une technique qui est toujours d’actualité et donc utilisée ?

Virginie DALLA COSTA : C’est une technique comme une autre et qui peut très bien fonctionner pour certains.
Par contre, souvent, elle ne suffit pas. Si se dire, « je suis bon, je suis bon… » faisait de l’individu un surdoué cela se saurait et les psychologues, les coachs mentaux ne seraient plus là.

Nutri-site : Selon vous, à quelles conditions l’athlète de haut niveau peut-il donner le meilleur de lui même ?
Virginie DALLA COSTA : Cela veut dire quoi donner le meilleur de soi ? C’est en fonction des résultats, des sensations…

Nutri-site : Quels sont les résultats les plus marquants que vous obtenez de vos patients après quelques séances ?


Virginie DALLA COSTA : Une analyse positive et réaliste de ce qu’ils ont fait et de ce qu’ils vont faire. Un plaisir retrouvé à s’entraîner, à aller en compétition ou à travailler.
Les résultats pour moi sont secondaires car, comme je l’ai déjà dit, trop de facteurs influencent la performance, le resultat.
Autre fait marquant : parfois l’arrêt de l’activité en compétition à haut niveau pour des jeunes qui réalisaient le désir de leurs parents ou (et) de leur entraîneur. Mon souvenir : un sms reçu d'un grand adolescent, qui après 4 ans en pôle, a décidé d’arrêter : « merci, je sais enfin ce que c’est d’avoir une vie. »

Nutri-site : Quel est votre avis sur tous les coachs mentaux qui fleurissent par le biais des filières universitaire ou par des modules de formation privée ?

Virginie DALLA COSTA : Je ne les connais pas, je n’ai donc pas d’avis sur eux, sur leur formation. Je sais simplement que des gourous tournent autour des sportifs car ils sont manipulables. Ils veulent tellement réussir, gagner ! Si le dopage existe c’est aussi pour ces raisons. La préparation mentale peut parfois se comparer à une forme de dopage, tout dépend de la manière dont elle est pratiquée.

Nutri-site : Un dernier conseil ?

Virginie DALLA COSTA : Le sport doit rester avant tout un plaisir. Il est important de se rappeler notre premier contact avec notre sport de prédilection. Souvent c’est à l’enfance que le sportif a goûté au sport et la passion est née.

Virginie DALLA COSTA est disponible sur ce courriel: jacobvirginie@wanadoo.fr 
06 87 31 01 44
Virginie fait aussi des consultations à distance par téléphone, 35€ par appel (durée illimitée) à régler par chèque (+ coût de la communication).
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