Tout savoir sur l'ostéopathie

L'ostéopathie est une médecine non conventionnelle créée par Andrew Taylor Still, (1828-1917) essentiellement basée sur des techniques manuelles qui soulagent les perturbations mécaniques du corps qui sont responsables de répercussions aussi nombreuses que variées sur le fonctionnement global du corps.
Gildas Polère, étudiant en dernière année d’ostéopathie, nous dit tout sur son futur métier.

 

Le cursus Ostéopathe

Nutri-site : Peux-tu te présenter ?

Gildas Polère : Bonjour à tous, je suis ravi de venir me présenter et vous parler de mon futur métier mais néanmoins passion, l’ostéopathie.
Je m’appelle Gildas, et je suis étudiant en 5ème et dernière année à l’institut supérieur d’ostéopathie de Paris (ou CETOHM), école agrée par l’état suite à la loi réglementant l’ostéopathie en 2002.

Nutri-site : Qu'est ce qui t'a amené à t'orienter vers l'ostéopathie ?

Gildas Polère : En terminale S, je ne savais pas vraiment quoi faire; j’hésitais entre Kiné et prof de sport car j’étais un sportif de niveau national en Athlétisme et que je voulais rester dans ce milieu; c’est d’ailleurs suite à un entraînement où je me suis complètement bloqué le dos que j’ai découvert l’ostéopathie. J’avais une compétition quelques jours après et je pouvais à peine marcher… Je suis allé voir l’ostéopathe le plus près de chez moi, et 4 jours après je battais mon record en saut en longueur… C’est à partir de là que j’ai commencé à me renseigner sur ce métier et le cursus à effectuer.

Nutri-site : Quel est le cursus d'un ostéopathe ?

Gildas Polère : Tout d’abord, il faut différencier la formation initiale, ouverte aux diplômés du Baccalauréat (S de préférence) et la formation en alternance, ouverte aux médecins et kinésithérapeutes. Le cursus légal minimum, est de 3 ans mais toutes les écoles agrées qui se veulent sérieuses, proposent un cursus complet de 5 ans (+ 1 année post graduée).
Ce cursus est de même durée, que ce soi pour les post bacheliers ou les médecin et kinés. Cela dit, la formation en alternance ouverte aux professions médicales est regroupée en séminaires de 4 jours par mois, alors que la formation initiale continue, présente une trentaine d’heure de cours par semaine. En effet les post bac doivent commencer par apprendre les théories médicales minimum à la pratique de l’ostéopathie, connaissances acquises par les médecins. Une fois ces connaissances allopathiques (médicales) acquises, le programme est le même et regroupe toute la théorie et la pratique de l’ostéopathie à part entière. A la fin de ses 5 ou 6 ans d’étude, l’étudiant passe un clinicat (traitement clinique d’un patient) devant un jury composé d’ostéopathes et de médecins, ainsi que la présentation d’un mémoire (travail écrit de fin d’étude). Une fois ces deux examens validés, il obtiendra un diplôme d’école qu’il déposera en DRASS (Direction Régionale des Affaires Sanitaires et Sociales) afin d’user du titre d’ostéopathe.
En théorie, qu’il soit bachelier ou médecin, une fois diplômé l’ostéopathe devrait user uniquement de ce titre et ne pas cumuler les titres, car le diplôme est de valeur égale qu’on sorte d’une formation continue post bac ou en alternance; pour conclure, si vous décidez d’aller voir un ostéopathe; ça n’est pas le nombre de titres qui feront sa compétence mais plutôt l’école dans laquelle il a fait sa formation…


Kiné /Ostéopathe

Nutri-site : Un kiné est il apte à prodiguer des soins de manipulation ?

Gildas Polère : Un Kiné est apte à prodiguer des soins de manipulation qui lui ont été apprises, mais toute manipulation ostéopathique lui est inconnue; le danger provient des kinés qui participent à des stages par ci par là, et qui appliquent en cabinet des techniques ostéopathiques non maîtrisées, par manque de connaissance théorique, d’anatomie et physiopathologique.

Nutri-site : Qu'est ce qui différencie le kinésithérapeute de l'ostéopathe dans son approche médicale ?

Gildas Polère : En théorie, un patient va voir un kiné suite à une visite chez son médecin, qui lui a prescrit des séances de kiné, pour de la rééducation ou dans le suivi de certaines maladies; en aucun cas le kiné ne fait de diagnostique; il applique ce que le médecin lui a demandé.
La visite chez un ostéopathe se fait en première intention, c’est à dire que l’ostéopathe présente la responsabilité d’établir un diagnostique d’exclusion si il évalue que le cas du patient est du ressort de la médecine uniquement. Si l’ostéopathe conclue à aucune contre indication lors de son interrogatoire et des ses tests d’exclusion, il peut commencer son traitement ostéopathique ou rediriger vers une autre spécialité médicale ou paramédicale. Les ostéopathes et les kinés travaillent en collaboration étroite dans le suivi de leur patient car ils sont complémentaires, mais également avec les médecins.

Nutri-site : Un bon kiné fait-il un meilleur ostéopathe ?

Gildas Polère : Tout d’abord rappelons l’essentiel ; un kiné peut intégrer les études en ostéopathie soi sur 5ans en alternance soi en intégrant directement la 2ème ou 3ème année en formation continue. Donc un bon kiné ayant suivi un bon cursus dans une bonne école a en effet toutes les qualités requises pour devenir un bon ostéopathe mais le chemin est rude malgré tout. La déontologie imposée par le R.O.F (registre des ostéopathes de France, assimilé syndicat et une des plus vieilles associations défendant l’ostéopathie) précise que tout praticien diplômé d’ostéopathie D.O devrait devenir ostéopathe exclusif et mettre de côtés ces anciens diplômes. D’ailleurs la majorité des ostéopathes D.O des années 80, 90 sont d’anciens kiné ayant mis de côté leur diplôme de kiné.
Le risque d’une pratique de l’ostéopathie par un kiné ayant gardé son titre de kiné et ne différenciant pas ses deux pratiques au niveau des rendez vous, est d’exclure le principe même qu’est l’ostéopathie, c'est-à-dire une pratique globaliste avec une prise en charge sérieuse et des techniques réalisées en toute sécurité et dans un axe de traitement définit. Malheuresement trop de kiné ayant participées à des stages en ostéopathies se croient capables de réaliser certaines techniques très spécifiques et c’est souvent là qu’intervient l’accident. Pour conclure l’ostéopathie est apparue en France grâce aux kiné qui se sont spécialisés avec une formation complémentaire très sérieuses mais certaines dérives existes donc méfiance si vous allez chez un kiné-ostéo, si possible vérifier qu’il aie bien un diplôme complet acquis dans une école agrée et sérieuse et qu’il différencie bien ses rendez vous en kiné et en ostéo.

Nutri-site : Etre médecin donne t’il une valeur ajouté à la pratique ostéopathe ?

Gildas Polère : Très rapidement je répondrai quasiment la même chose que pour les kiné ; un médecin ostéo possède toutes les connaissances théoriques utiles à l’ostéopathie, à lui de faire la part des choses entre sa pratique médicale et ostéopathique qui sont certes complémentaires mais souvent opposées. Un patient vient voir un ostéopathe car il a souvent tout essayer avant, médecines classiques et alternatives, donc un médecin ostéopathe peut apporter un plus mais mon avis qui n’engage que moi, est qu’il est plus probable que la prise en charge d’un patient en ostéopathie sera meilleure si elle est faite par un ostéopathe exclusif et effectivement si il était médecin avant mais qu’il a rejeter son diplôme pour se consacrer à la pratique et la philosophie ostéopathique à part entière. Pour conclure, on ne peut pas faire de généralité ; choisir son ostéopathe c’est souvent une question de feeling et de mon expérience personnelle, les meilleurs ostéopathes que j’ai rencontré étaient tous exclusif et qu’ils soient au départ médecin, kiné ou bachelier, leur qualité provient le plus souvent de leur formation dans une bonne école…


La technique Ostéopathe

Nutri-site : Quel est le principe de la technique ostéopathe ?

Gildas Polère : L'ostéopathie est un système de soins essentiellement basé sur des techniques manuelles.
Le principe est de rechercher et de traiter les "pertes de mobilité" des structures formant le corps humain.
En effet, notre corps subit régulièrement des perturbations, et ce dès la naissance, voire même au cours de la vie utérine (par exemple si le fœtus est mal positionné).
Il peut s'agir de
- chocs traumatiques (fractures, entorses, chutes …),
- de séquelles d'interventions chirurgicales (cicatrices),
- de maladies,
- ou de chocs émotionnels (décès, agressions …).
OsteophatieTous ses maux entraînent la formation de zones de tensions, voire de blocages, qui correspondent à ce que l'on appelle des "pertes de mobilité". Ces dernières, concernent l'ensemble des tissus du corps humain : articulations, muscles, ligaments, viscères, méninges etc.
Le corps s'adapte et recherche un nouvel équilibre après chacune de ces pertes de mobilité. Cependant, leur accumulation ainsi que le vieillissement du corps entraînent progressivement le sujet vers un état de "non santé" où cet équilibre se rompt, ce qui induit l'apparition de symptômes. Il peut s'agir de lumbagos, maux de ventre, migraines, fatigues, insomnies, douleurs articulaires, troubles digestifs chroniques, infections urinaires récidivantes etc. Il est intéressant de noter que les symptômes peuvent être perçus loin des zones de perte de mobilité. Ceci peut paraître surprenant, mais s'explique par le fait que "l'Homme est un tout", et que les parties de notre corps sont en relation entre elles, par l'intermédiaire de la vascularisation, du système nerveux, du système hormonal etc. Par exemple, lorsqu'un patient se plaint de reflux gastriques, on vérifie, en plus de l'examen local de l'estomac, d'autres causes possibles, notamment la présence d'une compression du nerf vague à sa sortie du crâne (celui-ci innerve l'estomac).
Quel que soit le motif de consultation, il est donc important que l'ostéopathe s'intéresse à l'ensemble du corps et qu'il prenne également en compte l'état psychologique du patient.

Nutri-site : Qu'est ce qu'un bon ostéopathe ?

Gildas Polère : Théoriquement un bon ostéopathe est diplômé d’une école agrée, ayant suivi une formation de 5 ou 6 ans(5000h); ça c’est le minimum; ensuite une bon ostéopathe est quelqu’un qui suit la déontologie et l’éthique de sa profession. Finalement et c’est là peut être le plus important, un bon ostéopathe est un thérapeute avec qui vous entretiendrez une relation de confiance et qui saura vous dire si il est capable de vous traiter ou si il faut aller voir un autre confrère ou un médecin.

Nutri-site : Faire "craquer" son patient est-il obligatoire ?

Gildas Polère : Tout d’abord le fameux craquement ressentit dans certaines techniques ostéopathiques, n’est en rien signe d’une manipulation forcée; en effet ces techniques dite de Thrust agissent de façon très rapide mais dans d’infimes amplitudes au niveau de l’articulation considérée. Ces techniques parfois spectaculaires dans leur exécution et leur efficacité, ne sont utilisées que si elles sont nécessaires à l’ensemble du traitement réalisé; elles ne sont donc pas obligatoires, et certains ostéopathes ne pratiquent pas ce genre de techniques, ce qui selon moi est une erreur car ils enlèvent une spécificité du traitement ostéopathique dans son concept de globalité.
Certains patients refusent ce genre de techniques, souvent par crainte et méconnaissance du principe même de ces techniques. L’un des devoirs de l’ostéopathe est d’expliquer le but et le principe de ces techniques, qui ne sont pas douloureuses, mais très efficaces, si elles sont réalisées par un professionnel compétent; les seuls accidents recensés dans la littérature médicale sur ce genre de technique ont été causé par des non ostéopathes et uniquement au niveau cervical. Pour conclure, les Thrust font partie d’un panel important de techniques utilisé par l’ostéopathe et l’absence de craquement, ne signifie pas que la technique n’aie pas été bien réalisée.


Les bienfaits et limites

Nutri-site : Quels sont les champs d’action de l’ostéopathie ?

Gildas Polère : L’ostéopathie intéresse tous les grands systèmes du corps :
- le système orthopédique et locomoteur : entorses, tendinites, lombalgies, dorsalgies, costalgies, cervicalgies, périarthrites de l’épaule, douleurs articulaires, scolioses, pubalgies, douleurs coccygiennes, douleurs maxillaires.
- le système neurologique : névralgies cervico-brachiales, intercostales, faciales, d’Arnold, cruralgies, sciatiques…
- le système cardio-vasculaire : troubles circulatoires des membres inférieurs, congestion veineuse, hémorroïdes, palpitations, oppressions…
- le système digestif : ballonnements, hernie hiatale, flatulences, troubles hépato-biliaires, colites, constipation, ptôse d’organes, digestion difficile, gastrites, acidité gastrique..
- le système génito-urinaire : douleurs et dysfonctions gynécologiques, cystite, stérilité fonctionnelle, ptôse d’organes, trouble de la fonction sexuelle, énurésie, prostatite, suivi ostéopathique de la grossesse..
- le système ORL et pulmonaire : rhinites, sinusites, vertiges, bourdonnements, céphalées, migraines, bronchites, asthme, bronchiolites…
- le système neuro-végétatif : états dépressifs, d’hypernervosité, anxiété, stress, troubles du sommeil, spasmophilie…
- les séquelles de traumatismes : fractures, entorses, chutes, accidents de voiture.

Nutri-site : Sur quels types de maux l'ostéopathe permet-il une guérison efficace et rapide ?

Gildas Polère : Bien qu’il apporte un confort aux patients atteints de maladies auto-immunes (cancer, sida, sclérose en plaques …), génétique ( mucoviscidose, myopathie …) ou de grand handicap, l’ostéopathe connaît ses limites et ne prétend pas tout soigner.
Les patients ayant recours à l’ostéopathie sont soucieux de prévention, de long terme et sont sensibles aux arguments naturels. Que le patient soit nourrisson, enfant, adulte ou personne âgée, l’ostéopathe choisit la technique la mieux adaptée et la plus confortable pour chacun, en fonction de sa morphologie et de la zone du corps à traiter.
L’ostéopathie traite les troubles fonctionnels en recherchant leurs origines. Elle agit sur les systèmes locomoteur, neurologique, cardio-vasculaire, digestif, ORL, céphalique, génito-urinaire, ainsi que sur les séquelles traumatiques.
OsteophateGrâce à sa formation spécifique, l’ostéopathe dispose de différents types de techniques :
- les techniques structurelles, à visée articulaire
- les techniques fonctionnelles appliquées à tous les tissus
- les techniques crânio-sacrées, s’intéressent à l’interdépendance entre le crâne et le bassin.
Ces soins sont toujours réalisés en douceur et sans douleur, en restant dans les limites physiologiques de l’articulation et du tissu.
Un traitement de la tête aux pieds. L’ostéopathie à tout âge de la vie

Nutri-site : Quelles sont les limites de l’ostéopathie ?

Gildas Polère : L’ostéopathe connaît ses limites et ne prétend pas tout soigner. Il ne propose pas de guérir les maladies dégénératives (cancer, sida, sclérose en plaque…), les maladies génétiques (mucoviscidose, myopathie…), les maladies infectieuses (tuberculose, tétanos…).
Mieux vaut prévenir que guérir
Des traumatismes physiques ou émotionnels anciens ou passés inaperçus, sont susceptibles de provoquer des séquelles douloureuses même plusieurs années après. L’ostéopathe fait prendre conscience à chacun qu’il est responsable de son capital santé, qu’il peut le préserver par un suivi ostéopathique régulier.


Le patient

Nutri-site : A quelle fréquence devrait t-on visiter un ostéopathe ?

Gildas Polère : L’ostéopathie revendique la prévention donc il ne faut pas forcément attendre que notre corps dise stop pour aller consulter.
La fréquence des séances, sera déterminée par le praticien. Il pourra considérer qu’un suivi sur plusieurs séances est nécessaire, mais au delà de 4 séances pour un même problème on pourra considérer que le traitement ostéopathique n’a pas été suffisant.
Attention, certaines pathologies imposent un suivi régulier sur des années mais dans ce cas le patient est prévenu… Parfois une seule séance suffit, cela dépend de la plainte et du profil du patient.

Nutri-site : Sommes nous tous égaux devant la guérison ? Existe-t-il des morphotypes plus réceptifs aux soins ostéopathes ?

Gildas Polère : Théoriquement, nous possédons tous en nous les clefs permettant de maintenir l’état de santé; cela dit, il paraît normal que le nouveau né présente plus de capacité d’adaptation que le vieillard car la souplesse de l’ensemble des tissus est garent de la capacité d’adaptation aux différents traumatismes physiques ou psychiques imposés par la vie.
L’ostéopathie traite aussi bien le nouveau né que le vieillard de 90 ans, la femme enceinte, le sportif du dimanche ou de haut niveau.

Nutri-site : Pourquoi le patient doit il observer une période d'inactivité de 48h, après une séance d'ostéopathie ?

Gildas Polère : L’ostéopathe n’agit pas directement sur les symptômes ou la douleur; il agit sur l’ensemble du corps pour redonner de l’amplitude aux différents parties en restriction de mobilité afin d’aider le corps à mieux se rééquilibrer et ainsi agir sur l’auto guérison du corps, donc après une séance il est normal de laisser au corps le temps se ré-adapter à son nouvel équilibre.

Nutri-site : Les soins en ostéopathie peuvent t'ils être accompagné de soins complémentaires (yoga, diététique, hygiène corporelle etc etc ..) ?

Gildas Polère : Oui il n’y pas de contre indication, cela dit il faut que l’ostéopathe soi au courant que son patient suive ces autres thérapies ; parfois c’est même l’ostéopathe qui les préconise, je pense notamment à la diététique, l’homéopathie ou les activités physiques et sportives.

Nutri-site : L'ostéopathie à t'il des effets positifs sur le psychisme du patient ?

Gildas Polère : L’ostéopathe n’agit pas directement sur la psyché, mais quand on se sent bien dans son corps, lorsqu’il est bien équilibré, alors tout est organisé pour que le moral suive. Certains troubles physiques sont la résultante de troubles psychiques; dès lors si l’ostéopathe ne cherche pas la cause primaire psychosomatique, les troubles physiques reviendront toujours; le traitement ostéopathique psychosomatique sera sûrement l’un des thèmes d’un prochain article…


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