20 questions de terrain sur le métier de diététicien

Vous souhaitez des infos concrètes et réalistes sur le métier de diététicien ? Nutri-site a rencontré pour vous Marina Frelich, diététicienne en chef au CERS de Capbreton (centre européen de rééducation du sportif). Forte d’une expérience tout terrain, Marina vous donne tous les tuyaux et toutes les infos, de ce métier de contact passionnant.

Nutri-site : Quelles sont, pour vous, les différences entre le travail à hôpital et en libéral? (ce que chacun de ces secteurs vous apporte)

Marina Frelich :
En ce qui concerne le travail en secteur hospitalier je le définirais ainsi :
- C’est un travail en équipe, sous dépendance hiérarchique (soit d’un médecin, soit d’un cadre diététicien).
- La journée est structurée par différentes tâches qui sont à réaliser dans un ordre précis et à un horaire défini : visite dans les services (transmissions des infirmiers et ASQ, prescriptions des médecins...), visite en chambre des patients hospitalisés ; le cas échéant, consultations individuelles, animations de groupes de patients...
Selon les postes, il peut aussi y avoir un travail de collaboration en Cuisine (vérification de la chaine des plateaux, pointage des fiches de menus, élaboration des menus...).
- Les patients sont le plus souvent des « malades », pour qui la prise en charge diététique peut être vécue comme une contrainte. Mais pour d’autres patients, la PEC (prise en charge) diet sera vécue à part entière comme partie importante de leur thérapeutique : la PEC est alors vraiment intéressant aussi pour le diététicien.

En opposition, le travail en libéral ...
- C’est un travail en solo, où l’on est son propre chef.
- La journée est organisable selon les désiderata du diététicien : consultations individuelles, intervention dans une collectivité, formation... ou journée de repos !
- La patientèle est souvent constituée par des personnes souhaitant perdre du poids. Il y a celles à la recherche du programme miracle... ! et les personnes plus volontaires et motivées. Certains patients consultent dans une démarche thérapeutique et il y a aussi possibilité de faire partie d’un réseau de soins avec d’autres thérapeutes pour la prise en charge thérapeutique de patients (diabètiques, cardiaques...).

Nutri-site : En hôpital, à combien travaillez vous? (par équipe, communication?...)

Marina Frelich : Le nombre de diététiciens dépendra de la taille du centre hospitalier. Malheureusement, les services diététiques semblent être le plus souvent en sous-effectif ; malgré les embauches promises dans le cadre du PNNS (Plan National Nutrition Santé). Il peut arriver qu’il n’y ait qu’un diététicien dans une structure, parfois même à temps partiel. Le diététicien peut être amené à travailler avec différents membres des équipes soignantes et de l’équipe de Cuisine. La communication dépendra des personnes ; le diététicien peut être un acteur reconnu de l’établissement ; ou pas...

Nutri-site : Quel secteur trouvez vous le plus varié?, le plus enrichissant ?

Marina Frelich : Les 2 secteurs peuvent être variés ; il n’y a pas de modèle unique de pratique diététique que ce soit en hospitalier ou en libéral. En tous les cas, en libéral, on est entièrement responsable si on ne trouve pas son exercice épanouissant !

Nutri-site : Avez-vous déjà changé de secteur? Y a t-il possibilité de changer de secteur facilement ?

Marina Frelich : Oui ! Facile dans le sens hospitalier / libéral. Mais quand on arrête le libéral, les difficultés pour trouver un emploi sont les mêmes que pour tout diététicien demandeur d’emploi.

Nutri-site : Quelles sont les spécialisations possibles après un DUT ou BTS ?

Marina Frelich : Actuellement, il existe des écoles qui proposent une « 3ème année » de diététique. Ex : Limayrac à Toulouse. Il existe aussi des universités qui proposent des D.U. (diplôme universitaire) de nutrition. Ex : nutrition et sport, micronutrition...

Nutri-site : Ce qui vous plait dans votre métier ? (les points positifs et les points négatifs)

Marina Frelich : Difficile à dire ce qui me plait en quelques mots. Une chose est sûre : je ne me verrais pas exercer une autre profession à l’heure actuelle. Ce qui me déplait : la non-reconnaissance de l’importance (ou la faible place) de la prise en charge diététique dans la prise en charge médicale globale.

Nutri-site : Pourquoi avez-vous voulu faire ce métier? Qu'est ce qui vous a attiré?

Marina Frelich : La certitude absolue de l’importance de l’alimentation dans l’état de santé d’un individu.

Nutri-site : Quelles qualités sont nécessaires ?

Marina Frelich : Beaucoup de qualités humaines, de la patience, de l’endurance !

Nutri-site : Est-ce un métier prenant? Certaines journées sont-elles difficiles, chargées ?

Marina Frelich : Les journées de travail sont longues et sans temps mort (que ce soit en hospitalier dans le cas de sous-effectif ou en libéral pour se rendre disponible dans les créneaux des patients : heure de déjeuner, tard en soirée, le samedi ...). Et après, il est important aussi d’assurer l’actualisation de ses connaissances, ce qui veut dire du temps consacré aux lectures, aux conférences, à la formation...

Nutri-site : Nombre moyen de patients/jours ?

Marina Frelich : Cela dépend d’abord du temps depuis lequel on est installé : le nombre de clients vient par la notoriété, le temps de mise en route du « bouche à oreille » (au niveau des patients comme au niveau des médecins qui peuvent être amenés à envoyer des patients).

Nutri-site : et éventuellement si vous pouviez me dire quels sont vos horaires, durée de vacances (et salaire) ?

Marina Frelich : Difficile d’évaluer le salaire. En temps que salarié, c’est selon le contrat de travail, un poste peut être à temps partiel ou à temps plein (35h/ semaine). En libéral, on fait soit même ses horaires ; mais il faut savoir se rendre disponible... Pour les vacances, celles d’un salarié sont de 5 semaines / an (ce sont des congés payés) ; celles d’un libéral sont à sa convenance (mais jamais rétribuées)

Nutri-site : Quel est le Public préférentiel ? (proportion de femmes, âge...)

Marina Frelich : Effectivement, il semble y avoir plus de femmes, mais cette tendance se lisse de plus en plus. Il n’y a pas de créneau d’âge ; de plus en plus de personnes jeunes consultent en « prévention ».

Nutri-site : Trouve t-on facilement du travail ?

Marina Frelich : NON !!! Il y a beaucoup de potentiel de travail dans le secteur hospitalier, mais pas les budgets !

Nutri-site : Est-ce un métier d’avenir ?

Marina Frelich : OUI ! Des débouchés devraient apparaître si la France tient ses promesses en rapport avec son PNNS.

Nutri-site : Quels sont les débouchés? Combien de places/an?

Marina Frelich : Demandez-le au chef du gouvernement !

Nutri-site : Pour quelles raisons les patients consultent-ils? (maladies le plus souvent rencontrées, les moins courantes? et le public que ça touche)

Marina Frelich : Problèmes de surpoids en majorité. Mais aussi cholestérol / diabète... Femmes et hommes à presque 50/50 ces dernières années.

Nutri-site : Connaissez-vous des centres pour anorexiques, diabétiques...?

Marina Frelich OUI. Mais ne voulant pas faire de publicité discriminatoire, je laisse aux personnes le soin de suivre les recommandations des thérapeutes consultés, ou de faire ses propres recherches.

Nutri-site : Lorsque l'on dit que nous pouvons travailler directement après l'obtention du DUT comment cela se passe t-il?

Marina Frelich : Je pense que l’on peut travailler tout de suite après l’obtention du DUT tout comme après l’obtention du BTS. Il n’y a pas de voie qui facilite plus l’accès à l’emploi que l’autre.

Nutri-site : Existe-t-il des statistiques fiables sur le marché de l’emploi ?

Marina Frelich : Il n'existe pas de statistiques sur le marché de l'emploi. L'Adlf estime qu'il y a environ 20 - 25 % de diplômés à la recherche d'un emploi. Le premier poste est souvent difficile à trouver, et il ne faut pas hésiter à accepter temps partiels, cdd ou déménagements.  => Tout savoir sur le métier de diététicien

Nutri-site : Pourquoi avoir choisi ce métier ?

Marina Frelich : Ce qui me plait dans ce métier: l'importance du sujet dans l'aide que l'on peut apporter aux gens. Ne pas oublier que l'alimentation est un soin, comme le disait le professeur Bernard Guy-Grand; à l'initiative de la mise en place des CLAN (Comité de Liaison Alimentation Nutrition) dans les structures hospitalières.



=> Lire notre interview de Marina Frelich, son cursus, son travail

 
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